Pour préparer mon voyage, j’avais pris un guide papier, surtout pour cette partie : l’histoire et la culture de la ville. Et honnêtement, ça change tout. Savoir pourquoi le quartier gothique est si tortueux ou pourquoi l’Eixample est un quadrillage parfait, ça rend chaque balade plus vivante. Voici l’essentiel.

Barcino, la ville romaine

Barcelone est fondée par les Romains il y a plus de 2 000 ans, sous le nom de Barcino. Il en reste des traces étonnantes en plein quartier gothique : des morceaux de remparts, et surtout les colonnes du temple d’Auguste, cachées dans une petite cour. Le musée d’histoire de la ville (MUHBA) permet même de se promener sous la place du Roi, au milieu des rues romaines.

Le Moyen Âge, l’âge d’or catalan

Au Moyen Âge, Barcelone devient le cœur de la Couronne d’Aragon et une grande puissance commerciale en Méditerranée. C’est de cette époque que datent le Barri Gòtic, la cathédrale et la magnifique basilique Santa Maria del Mar, dans le Born, construite au XIVe siècle grâce aux dons des habitants du quartier.

1714, une date qui compte encore

Pendant la guerre de Succession d’Espagne, Barcelone prend le parti des perdants. Après un long siège, la ville tombe le 11 septembre 1714 et la Catalogne perd ses institutions. C’est pour cette raison que le 11 septembre est aujourd’hui la fête nationale catalane, la Diada. Le parc de la Ciutadella doit d’ailleurs son nom à la citadelle militaire construite ensuite pour surveiller la ville.

Le XIXe siècle : l’Eixample et le modernisme

Avec la révolution industrielle, Barcelone étouffe dans ses murailles. On les abat, et l’ingénieur Ildefons Cerdà dessine l’Eixample (« l’extension ») : un immense quadrillage de rues aux coins coupés, qui fait la forme si reconnaissable de la ville vue du ciel.

C’est dans ce nouveau quartier que la bourgeoisie fait construire les bâtiments du modernisme catalan, la version locale de l’Art nouveau. Trois architectes à retenir : Antoni Gaudí (Sagrada Família, Casa Batlló, la Pedrera, Park Güell), Lluís Domènech i Montaner (le Palau de la Música, l’hôpital de Sant Pau) et Josep Puig i Cadafalch (la Casa Amatller). L’Exposition universelle de 1888, dont l’Arc de Triomf est un souvenir, puis l’Exposition internationale de 1929 sur Montjuïc, transforment encore la ville.

Du franquisme aux Jeux olympiques

Après la guerre civile, la dictature de Franco interdit l’usage public du catalan pendant des décennies. La langue et la culture catalanes reviennent en force avec la démocratie. Puis les Jeux olympiques de 1992 changent le visage de Barcelone : la ville s’ouvre sur la mer, avec de nouvelles plages et un front de mer entièrement réaménagé. C’est un peu la naissance de la Barcelone touristique qu’on connaît aujourd’hui.

La culture catalane à découvrir

  • Les castells : des tours humaines qui peuvent dépasser les huit étages, inscrites au patrimoine immatériel de l’UNESCO. Impressionnant à voir pendant les fêtes.
  • La sardane : une danse traditionnelle en cercle, parfois dansée devant la cathédrale le weekend.
  • Les correfocs : des défilés de « diables » qui dansent sous les feux d’artifice.
  • Le Barça : « més que un club », plus qu’un club. Le FC Barcelone est un vrai symbole de l’identité catalane.

Que manger à Barcelone ?

  • Le pa amb tomàquet : du pain frotté à la tomate, à l’huile d’olive et au sel. Simple et addictif.
  • Les tapas : patatas bravas, croquetas, bombas (la spécialité du quartier de la Barceloneta).
  • Les calçots : de gros oignons grillés trempés dans une sauce romesco, en hiver et au printemps.
  • La crema catalana : la cousine de notre crème brûlée.
  • Le vermouth : l’apéritif du dimanche midi, une vraie institution.